Regain de nervosité sur fond de hausse des droits de douane
05/06/2026
Le cuivre fait toujours preuve de nervosité à la Bourse des métaux de Londres (LME), hésitant entre perspectives économiques assombries, à cause de la guerre au Moyen-Orient, et tendance haussière à long terme.
Le métal rouge « devrait continuer à souffrir de l'incertitude (de la guerre au Moyen-Orient) à court terme », explique Volkmar Baur, analyste chez Commerzbank. Mais il « continue de bénéficier d'une puissante dynamique de demande à long terme : les véhicules électriques, les réseaux électriques, les installations d'énergies renouvelables, le stockage par batteries, les infrastructures de refroidissement et les centres de données dédiés à l'IA nécessitent tous des quantités importantes de cuivre », explique Ole Hansen de Saxo Bank.
L'anticipation d'une mise en place de droits de douane sur le cuivre aux Etats-Unis continue également de renforcer la demande américaine. Anticipation qui a fait l’objet d’une confirmation en début de semaine après que l’administration Trump a voté lundi 1er juin un décret modifiant les droits de douane sur les importations de certains produits contenant du cuivre, de l’aluminium et de l’acier.
« Parallèlement, les sociétés minières continuent de faire face à la baisse de la teneur des minerais, aux difficultés d'obtention des permis, aux risques géopolitiques et à la hausse des coûts d'investissement », précise l'analyste.
Par ailleurs, en Chine, le purchasing managers’ index (PMI) s’est établi à 50 en mai, soit le seuil séparant la croissance de la contraction. Invoquant un marché plus tendu que prévu en dehors des Etats-Unis, avec une faible croissance de la production minière à l’échelle mondiale, la banque Goldman Sachs a relevé ses prévisions pour les cours du cuivre fin 2026, de 12.465 dollars la tonne à 13.735 dollars.
Enfin, à noter que les stocks de cuivre du Comex ont augmenté de plus de 9 % par rapport au 14 avril, pour atteindre 580.762 tonnes vendredi. Après une période de stagnation, les stocks ont commencé à augmenter à partir de la mi-avril, indiquant qu’un déséquilibre régional (entre les Etats-Unis et le reste du monde) était sur le point de réapparaître. Goldman Sachs prévoit une augmentation des stocks américains du cuivre d’environ 900 000 tonnes cette année, contre une estimation antérieure de 550 000 tonnes.
Compte tenu de ces éléments, le cuivre affiche un gain hebdomadaire significatif, à son plus haut niveau depuis le 15 mai dernier, à 13.942 dollars la tonne le 2 juin au matin, contre 13.644 dollars huit jours plus tôt.
Aluminium : la ’back’ au plus haut depuis 19 ans
L’aluminium s’est propulsé à son plus haut niveau depuis plus de quatre ans, alors que les craintes d’escalade au Moyen-Orient ont redoublé après de nouvelles frappes des Etats-Unis et de l’Iran. Sur le LME, le cours de l’aluminium enregistre une progression significative, à 3.777 dollars mardi matin (+80 dollars sur une semaine), son plus haut niveau depuis mars 2022.
Le Moyen-Orient compte pour 9 % de la production mondiale d’aluminium. La fermeture du détroit d’Ormuz a restreint les exportations au départ de la région et limité les importations de matières premières nécessaires pour affiner l’aluminium. Les analystes tablent sur un déficit conséquent pour cette année, certains avançant des chiffres supérieurs à 2 millions de tonnes. « L’aluminium reste au cœur des préoccupations, souligne Britannia Global Markets. Le niveau élevé de la backwardation illustre l’ampleur du resserrement de l’offre ». La backwardation (écart entre les cours comptant et les cours trois mois) s’est envolée à plus de 100 dollars, un niveau plus atteint depuis 19 ans.
A noter, la belle performance de l’étain qui affiche un gain hebdomadaire de 3.000 dollars, à 57.850 dollars. Hausse de 700 dollars pour le nickel, à 19.295 dollars. Progressions plus modestes en revanche pour le zinc, à 3.607 dollars (+25) et le plomb, à 2.017 dollars (+2). L’or se stabilise à 4.534 dollars l’once (+4) ; de même que l’argent, à 76.64 (+0.21).